Grève easyJet cet été : vos droits si votre vol est annulé

Si un vol easyJet est annulé à cause d’une grève du personnel de la compagnie, vous avez droit au choix entre le remboursement intégral sous 7 jours et un réacheminement, et à une indemnisation forfaitaire de 250 à 600 € : la grève du personnel propre d’une compagnie n’est pas une « circonstance extraordinaire » au sens du droit européen.

C’est toute la différence avec une grève des contrôleurs aériens, où l’indemnisation, elle, ne s’applique pas. Voici l’état exact du conflit chez easyJet France et ce que vous pouvez réclamer, ligne par ligne.

Mise à jour du vendredi 7 août 2026

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Le mouvement est désormais daté : trois syndicats de PNC (SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT) ont déposé le 4 août un préavis de grève couvrant la période du vendredi 7 août (00h01) au mercredi 2 septembre 2026 (23h59), toutes bases françaises confondues. Aucune journée de mobilisation effective n’est annoncée à ce jour : les « dates clés » seront communiquées au moins 48 heures à l’avance, et un préavis ne signifie pas des vols annulés chaque jour. Notre point du 7 août : la fenêtre de grève easyJet s’ouvre, votre vol est-il menacé ?.

En bref

  • Un préavis de grève des hôtesses et stewards d’easyJet France couvre désormais la période du 7 août au 2 septembre 2026 ; aucune journée de mobilisation n’est annoncée à ce jour (annonce au moins 48 h à l’avance).
  • Vol annulé : remboursement intégral sous 7 jours ou réacheminement, au choix du passager — plus la prise en charge sur place (repas, hôtel, transferts).
  • Annulation notifiée moins de 14 jours avant le départ : 250 à 600 € d’indemnisation en plus, et non à la place.
  • La loi Diard impose à chaque navigant de se déclarer gréviste 48 heures à l’avance : surveillez vos messages deux jours avant le vol.

Où en est le conflit chez easyJet France #

Un préavis de grève du personnel navigant commercial (PNC, c’est-à-dire les hôtesses de l’air et les stewards) d’easyJet France a été déposé après l’échec d’une réunion de négociation le 23 juillet 2026, par les syndicats SNPNC-FO et UNPNC-CFDT.

Depuis, le mouvement s’est précisé : mardi 4 août 2026, trois organisations — SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT — ont déposé un préavis couvrant la période du 7 août au 2 septembre 2026, « volontairement ouvert afin de couvrir l’ensemble de la période » de fin des vacances, les « dates clés » de mobilisation devant être communiquées « 48 heures à l’avance ».

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Point essentiel avant de modifier vos plans : aucune journée de mobilisation effective n’est annoncée à ce jour au sein de cette fenêtre. Un préavis ouvre une période pendant laquelle le mouvement peut avoir lieu ; il ne le programme pas, et un grand nombre de préavis se terminent par un accord sans un seul vol annulé.

Les revendications portent sur la stabilité des plannings, avec un maximum de trois modifications par mois et par salarié, l’arrêt des affectations sur des bases étrangères sans accord explicite du salarié, le retour au volontariat, une prime pour les vols de nuit et une révision des procédures à bord. Les syndicats invoquent la fatigue des équipages et le manque d’effectifs. De son côté, la compagnie a indiqué le 27 juillet 2026 avoir proposé des ajustements, avoir programmé de nouvelles négociations en septembre, et a appelé les syndicats à renoncer à cette action en pleine saison.

Le détail que peu de voyageurs connaissent

La loi n° 2012-375 du 19 mars 2012, dite loi Diard, oblige chaque navigant français à déclarer individuellement à son employeur son intention de faire grève 48 heures avant le début du mouvement, et à prévenir 24 heures avant s’il renonce ou reprend le travail. Conséquence directe pour vous : la compagnie connaît son taux de grévistes deux jours à l’avance et adapte son programme de vols en conséquence. C’est pour cela que les messages d’annulation tombent en général 48 heures avant le départ — le bon moment pour surveiller ses courriels et l’application.

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Grève de la compagnie ou grève des aiguilleurs du ciel : la différence qui change tout #

C’est la ligne de partage décisive, et celle que la plupart des articles laissent de côté.

Une grève du personnel propre de la compagnie — pilotes ou personnel de cabine — n’est pas une circonstance extraordinaire. La Cour de justice de l’Union européenne l’a jugé dans son arrêt du 23 mars 2021, Airhelp Ltd contre Scandinavian Airlines System (affaire C-28/20), à propos d’une grève de pilotes liée à des négociations salariales : un mouvement social interne relève de la gestion normale de l’entreprise. L’indemnisation forfaitaire reste donc due.

À l’inverse, une grève des contrôleurs aériens ou du personnel d’un aéroport est extérieure à la compagnie : elle constitue une circonstance extraordinaire. Dans ce cas, le remboursement, le réacheminement et la prise en charge restent dus, mais l’indemnisation forfaitaire ne l’est pas.

Autrement dit, si votre vol easyJet saute à cause d’une grève des hôtesses et stewards de la compagnie, une compagnie qui refuse l’indemnisation en invoquant une « circonstance extraordinaire » se trompe de motif — et cette jurisprudence est votre argument.

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Vol annulé : ce que vous pouvez exiger, précisément #

Le règlement européen (CE) n° 261/2004 s’applique à tout vol au départ d’un aéroport de l’Union européenne, quelle que soit la compagnie. Il s’applique aussi aux vols vers l’Union européenne lorsqu’ils sont opérés par un transporteur européen : easyJet étant une compagnie de l’Union, tous ses vols sont couverts, aller comme retour.

En cas d’annulation, vous disposez de trois droits distincts, qui se cumulent :

  1. Le choix entre remboursement et réacheminement. Soit le remboursement intégral du billet sous 7 jours, soit un réacheminement vers votre destination finale dans des conditions comparables, à la première occasion ou à une date ultérieure de votre convenance. C’est vous qui choisissez, pas la compagnie.
  2. La prise en charge. Repas et rafraîchissements adaptés au temps d’attente, hébergement à l’hôtel si une nuit sur place est nécessaire, transfert entre l’aéroport et l’hôtel, et deux appels téléphoniques ou courriels.
  3. L’indemnisation forfaitaire, si l’annulation vous est notifiée moins de 14 jours avant le départ.
Distance du vol Indemnisation Exemples au départ de Paris
Jusqu’à 1 500 km 250 € Nice, Genève, Londres, Barcelone
Plus de 1 500 km dans l’Union européenne, ou entre 1 500 et 3 500 km 400 € Lisbonne, Athènes, Malte, Marrakech
Plus de 3 500 km hors Union européenne 600 € Destinations long-courriers

Cette indemnisation s’ajoute au remboursement ou au réacheminement : elle ne s’y substitue jamais. Et si l’annulation est annoncée plus de 14 jours à l’avance, l’indemnisation forfaitaire disparaît, mais le remboursement ou le réacheminement restent dus.

Dernier point souvent confondu : un bon d’achat ou un avoir ne remplace pas le remboursement en argent, et une assurance annulation souscrite par ailleurs ne dispense pas la compagnie de ses obligations. Vous pouvez refuser l’avoir et exiger le versement sur votre moyen de paiement d’origine.

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Que faire concrètement le jour où le vol saute #

  • Faites constater le motif exact de l’annulation, par écrit si possible : c’est lui qui détermine votre droit à indemnisation.
  • Demandez la prise en charge sur place (repas, hôtel, transfert) avant d’engager des frais de votre poche.
  • Conservez tout : carte d’embarquement, confirmation de réservation, courriel ou SMS d’annulation, captures d’écran de l’application, et l’intégralité des reçus de dépenses engagées.
  • Refusez le bon d’achat si vous voulez être remboursé en argent : l’acceptation d’un avoir peut être opposée ensuite.
  • Adressez une réclamation écrite à la compagnie, avec le numéro de vol, la date, le numéro de réservation, le motif d’annulation et le montant demandé, en visant expressément le règlement (CE) n° 261/2004.

Si la compagnie refuse ou ne répond pas #

Un refus ne clôt pas le dossier. Deux recours existent en France, et ils s’exercent après la réclamation directe auprès de la compagnie :

  • La médiation : le Médiateur du Tourisme et du Voyage peut être saisi gratuitement pour les professionnels qui adhèrent à ce dispositif, une fois la voie amiable épuisée.
  • La DGAC (Direction générale de l’aviation civile) est l’autorité nationale chargée de contrôler l’application du règlement européen en France et dispose d’un pouvoir de sanction. Elle peut être saisie après avoir adressé une réclamation au transporteur et attendu sa réponse pendant au moins deux mois.

Enfin, le temps joue en votre faveur plus qu’on ne le croit : en France, ce type de réclamation se prescrit par cinq ans à compter du vol. Un dossier de l’été dernier reste donc recevable — mais plus la demande est déposée tôt, mieux elle est traitée.

Questions fréquentes #

Puis-je être indemnisé si la grève ne concerne pas le personnel d’easyJet ?

En général non. Une grève des contrôleurs aériens ou du personnel aéroportuaire est extérieure à la compagnie et constitue une circonstance extraordinaire : l’indemnisation forfaitaire ne s’applique pas. En revanche, le remboursement ou le réacheminement, ainsi que la prise en charge (repas, hôtel, transferts), restent dus dans tous les cas.

Que se passe-t-il si easyJet me prévient plus de 14 jours avant le départ ?

Il n’y a pas d’indemnisation forfaitaire, car le règlement européen considère que le passager a le temps de se réorganiser. Le choix entre le remboursement intégral du billet et un réacheminement vers la destination finale reste en revanche entièrement acquis.

Faut-il annuler soi-même son vol par précaution en cas de préavis de grève ?

Non, c’est même le principal piège : un passager qui annule lui-même son billet perd le bénéfice du règlement européen et ne récupère que ce que prévoient les conditions tarifaires de son billet, souvent peu de chose. Tant que la compagnie n’a pas annulé le vol, mieux vaut attendre — les droits ne s’ouvrent que si l’annulation vient du transporteur.

À retenir

  • Préavis couvrant du 7 août au 2 septembre 2026 (déposé le 4 août), sans journée de mobilisation annoncée à ce jour.
  • Une grève du personnel de la compagnie ouvre droit à l’indemnisation (arrêt CJUE C-28/20) ; une grève des contrôleurs aériens, non.
  • Annulation à moins de 14 jours : 250 à 600 €, en plus du remboursement ou du réacheminement.
  • Ne jamais annuler son billet soi-même, et surveiller ses messages 48 heures avant le vol.

Pour aller plus loin sur les autres cas de perturbation, notre guide sur l’indemnisation d’un vol retardé détaille les seuils de retard applicables, et celui sur le temps d’avance à prendre à l’aéroport reste utile en période de trafic dense.

Sources : Air Journal, TourMaG, Dalloz Actualité (arrêt C-28/20), Légifrance (loi du 19 mars 2012), CNEWS avec AFP (04/08/2026).

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